Le forum des militants de Ségolène Royal
Bienvenue à tous sur le forum des militants de Ségolène Royal en vue de 2012. Ce forum, créé le 25 mars 2010, sera utile ou pas, cela dépend de nous...

Merci de vous inscrire pour qu'on en parle !

Validez ensuite votre inscription en cliquant sur le lien reçu dans votre boite mail.

Chacun aura remarqué qu'il y a différents thèmes sur ce forum. Allez y faire un tour et n'hésitez pas à commenter ou à créer des sujets ! Vous pouvez peut-être aussi proposer vos idées pour développer/améliorer ce lieu qui se veut convivial.

Fraternellement.

L'équipe d'Administration


Les messages de Ségolène

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Les messages de Ségolène

Message  Admin le Mar 27 Avr - 21:21

Cher(e)s ami(e)s,
Je viens d'adresser à la presse le communiqué suivant :


"C’est trop, beaucoup trop ce tapage électoraliste sur la burqua, ces mises en cause qui stigmatisent toute une communauté sans même régler correctement la question.

J’invite Nicolas Sarkozy à concentrer son effort sur les vrais problèmes et à reporter son activisme sur la mise en œuvre d’actions qui répondent à des problèmes beaucoup plus urgents et plus massifs comme aujourd’hui celui des agriculteurs.

Aujourd’hui en France des centaines de milliers d’agriculteurs sont en grande détresse.

Plus de 800 éleveurs se sont suicidés cette année et toujours pas de réponse.

C’est l’identité de la France qui est menacée dans le risque de disparition d’un espace rural vivant. Les femmes des producteurs de lait ont manifesté récemment sans être entendues.

Des solutions existent dans la réforme de la PAC, les circuits courts, la régionalisation des aides. C’est pour aider les agriculteurs qu’il faut une loi en urgence plutôt que sur la burqua. Ce serait plus sérieux et beaucoup plus utile. Mais Nicolas Sarkozy recherche t-il ce qui est utile aux Français ou ce qui peut lui permettre de remonter dans les sondages ?"




--------------------------------------------------------------------------------

Cher(e)s ami(e)s,



Je suis très heureuse de m’adresser à vous après cette campagne des régionales, passionnante et victorieuse, durant laquelle je me suis concentrée sur cette échéance tout en me tenant toujours très informée de la vie de notre belle association. Bravo à vous les adhérents qui organisent des universités populaires, des actions de solidarité, des forums sur le net. Continuez.



Sans tarder je me suis mise à l’action avec la conviction que la Région que je préside continue d’avoir une énergie d’avance, qu’elle développe des solutions aux désordres globaux et que c’est un laboratoire d’action. Nous venons ainsi de voter la mise en place des éco-quartiers, une filière de lait équitable, et un appel à projets pour la reconversion écologique des entreprises.



Nous entrons dans une nouvelle période, celle du débat d’idées. Dans un moment de confusion politique au sommet de l’Etat rarement atteint. Dans un moment de crise sociale majeure où des millions de gens ne peuvent plus boucler leurs fins de mois. Dans un moment où les Français doutent ou rejettent la politique.



Et c’est bien l’une des raisons d’exister de Désirs d’avenir : créer de l’espoir, dialoguer, échanger, débattre, proposer, faire émerger une autre vision, un autre chemin que notre pays peut prendre, comme je l’ai dit avec la construction de la social-écologie pour allier croissance, respect de l’environnement, et progrès humain.



Ce ne sont pas des mots. J’ai mis en place cette politique dans ma région, en Poitou-Charentes, et nous avons déjà des milliers d’emplois dans la croissance verte. Des résultats validés par les habitants comme l’a montré le magnifique résultat, 61 % des voix aux élections, ce que je comprends d’abord comme la reconnaissance du travail accompli. Le travail continue pour prouver qu’un autre chemin existe et que l’on peut donner un désir d’avenir à ceux qui n’en ont pas ou qui l’ont perdu.



Voilà pourquoi je vous invite à nous rejoindre de plus en plus nombreux à Désirs d’avenir.



Vous êtes les bienvenus dans notre association qui travaille à faire émerger cette France nouvelle, éprise de fraternité, de justice sociale, d’idéal républicain et de solidarité.



Désirs d’avenir c’est aussi une plate-forme de solidarité.



Nous vivons une véritable métamorphose, à l’échelle mondiale et notre devoir de citoyens est de participer à faire émerger cette nouvelle civilisation tout en apportant des réponses concrètes aux problèmes quotidiens. D’autres solutions existent à l’échelle mondiale comme le prouve l’exemple du Brésil dont je vous ai parlé récemment. Je le dis très simplement. Le monde est un village où les malheurs des uns affectent inévitablement les bonheurs des autres. Nos destins sont liés.



A Désirs d’avenir, nous en avons conscience depuis longtemps, comme le démontre les thèmes déjà abordés dans nos universités populaires participatives, qu’il s’agisse des liens Europe Afrique , de la crise économique ou de la sécurité alimentaire.



Toutes les intelligences, toutes les sensibilités, toutes les énergies sont nécessaires à l’échange d’expérience et pour faire cette République du respect à laquelle nous aspirons tous. Venez adhérer ou ré-adhérer à Désirs d’avenir.



Je compte sur vous comme vous pouvez compter sur moi



Avec toute mon amitié



Ségolène Royal
avatar
Admin
Admin

Messages : 83
Date d'inscription : 25/03/2010

Voir le profil de l'utilisateur http://royal2012.bbactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les messages de Ségolène

Message  liberté02 le Sam 1 Mai - 12:14

Cher(e)s ami(e)s,


En ce jour de 1er mai je voudrais partager avec vous les réflexions que m’inspirent cette date qui nous invite à réfléchir sur le sens du travail.

Dans la France d'aujourd'hui, trompée par la droite sarkozyste et inquiète pour son avenir, le 1er mai 2010 doit être l'occasion de manifester haut et fort l'actualité d'un combat pour la justice sociale qui n'est pas l'ennemie mais la condition de l'efficacité économique bien comprise. Loin, très loin des errements d'un système financier qui n'en fait, à nouveau, qu'à sa tête et de ce capitalisme court-termiste qui voudrait l'Etat à sa botte, les services publics affaiblis, les retraites amoindries et les salariés acculés à la passivité, la peur, le stress et même parfois la mort (France Télécom, producteurs de lait…) comme issue au travail dégradé ou qui ne paye plus.

Emploi, conditions de travail, pouvoir d'achat, retraites, sur tous ces sujets, deux voies et deux méthodes alternatives s'opposent : celle de la régression sociale, avec ses protections démantelées, ses promesses de régulation non tenues, ses simulacres de concertation, et celle, à l'inverse, qui permettrait de faire de la crise (dont nous ne sommes pas sortis) l'occasion d'un nouveau départ accélérant hardiment le tournant de la croissance verte, impliquant activement les salariés et les citoyens dans l'élaboration d'un nouveau modèle de société qui relève, au travail et hors travail, les défis du monde d'aujourd'hui.

Car ce n'est pas les uns contre les autres mais les uns avec les autres que nous devons inventer et mettre en place les sécurités humaines du 3ème millénaire.

Chez nous, en France, et à l'échelle de la planète.

Ils tentent de nous faire croire qu'ils seraient, eux, les modernes, les partisans du mouvement et d'une plus juste répartition des efforts alors que nous serions, nous, d'indécrottables archaïques, des immobilistes voire des corporatistes crispés sur leurs avantages acquis. Mais ce sont eux, en vérité, qui regardent dans le rétroviseur. Eux dont le répertoire se limite aux vieilles recettes qui ont échoué : pression maximum sur les plus vulnérables, fragilisation croissante de ceux qui jusque là s'en sortaient (comme si le déclassement n'était qu'un fantasme !), privilèges garantis aux nantis, aux bénéficiaires du bouclier fiscal et autres piliers de ce « capitalisme de connivence » où l'on se renvoie l'ascenseur entre soi.

Eh bien disons-le avec force en ce 1er mai 2010 : ce n'est pas ainsi que nous voulons notre pays ! Et ce n'est pas ainsi que nous voulons le monde !

Une belle mobilisation porteuse d'espérance et de détermination, une France au coude à coude en ce jour emblématique de tant de combats pour le progrès social, un rapport de forces populaire signifiant à ce pouvoir déconnecté des réalités vécues et en retard d'une époque que d'autres objectifs, d'autres règles du jeu, d'autres évolutions sont possibles et nécessaires : voilà le message que doit porter ce 1er mai 2010.

Pour se projeter hardiment dans l'avenir et pour nourrir l'audace d'imaginer d'autres possibles, il est bon d'assumer aussi la mémoire historique d'une date – le 1er mai – au fil de laquelle ceux d'avant ont su joindre leurs forces pour arracher des conquêtes sociales qui firent scandale en leur temps mais nous semblent aujourd'hui aller de soi.

L'histoire au long cours leur a donné raison à ces visionnaires du mouvement ouvrier qui payèrent de leur sang l'obtention de la journée de 8 heures, qui voulurent la République sociale et la nation accueillante à tous les siens, qui inscrivirent dès l'origine leur combat sous le signe d'un internationalisme dont l'actuelle globalisation souligne l'urgence.

En Poitou-Charentes, avec mes équipes, je ne se résigne jamais aux destructions d'activités et d'emplois, aux délocalisations et à la disparition de savoir-faire précieux : de la défense d'Heuliez à la reconversion écologique du site de New Fabris en passant par le soutien apporté aux coopératives de production. Ce combat pour la dignité des salariés se traduit, des paroles aux actes, par la présence de trois ouvriers sur ma liste qui sont aujourd’hui élus Conseillers régionaux et qui apportent une expérience précieuse dans notre combat quotidien pour l’emploi et pour la dignité du travail.

Ce combat est aussi européen et pour ce 1er mai je suis invitée par la gauche Italienne pour partager un moment d’action et de réflexion. Nos pensées solidaires vont aussi vers les travailleurs grecs qui sont aujourd'hui en Europe les victimes les plus douloureusement écrasées par la folie financière de l’économie.

Amitiés fraternelles

Ségolène Royal

liberté02

Messages : 33
Date d'inscription : 26/03/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les messages de Ségolène

Message  liberté02 le Mer 5 Mai - 14:53

Ecologie : Ségolène Royal dénonce un grave recul et appelle le Président de la République à tenir ses promesses
04 mai 2010 - 18:09
Ségolène Royal dénonce un grave recul et appelle le Président de la République à tenir ses promesses car la croissance verte est une nouvelle chance pour la France

Le Grenelle 2 est un grave recul par rapport aux promesses faites. Or, la croissance verte constitue le moteur du développement des emplois et de la croissance. La marée noire d’une ampleur inégalée qui commence à souiller les côtes des Etats-Unis et qui est regardée avec inquiétude par le monde entier, donne à l’examen du projet de loi Grenelle 2 une importance encore accrue.

Les promesses du Grenelle 1, positif sur les objectifs fixés même s’il ne s’agissait que de rattraper le retard pris par la France par rapport à ses voisins européens, doivent maintenant se concrétiser. Le texte de loi du Grenelle 2 tel qu’il est présenté constitue à ce stade, en plus du retard déjà pris, un rendez-vous manqué avec l’Histoire.

Sur tous les sujets le Gouvernement recule par rapport aux objectifs affichés : aucun enjeu majeur comme le climat, la préservation des ressources naturelles dont l'eau, les sols, les pollutions et leurs effets sur la santé humaine, le développement des énergies renouvelables, l'habitat économe en énergie, n'échappe au « rabotage » : - pour l'éolien, toute est fait pour que la dynamique s'arrête et décourage investisseurs, entreprises et collectivités locales (distance minimum 500m par rapport aux habitations, classement Installation Classée Pour l'Environnement, minimum de 15 MegaWatts par site ...) ;

- pour les pesticides, le Grenelle 2 s'éloigne du Plan Ecophyto 2018, adopté en 2008. Dérogations , échéances plus éloignées, délais supplémentaires installent durablement le principe d'une pollution chronique acceptée ;

- dans l'habitat en location, les locataires ne peuvent plus se prévaloir à l'encontre du bailleur des données du Diagnostic de Performance Energétique ; les obligations de performance énergétiques sont en grande partie annulées ou reportées dans des délais de près de 10 ans ;

- pour les collectivités, seules les actions sur leur propre patrimoine donnent lieu à récupération des certificats d'économie d'Energie CEE, limitant leur effet levier, sur les autres actions qu'elles soutiennent ;

- sur l'eau, les abonnés à l'eau potable, c'est à dire les particuliers vont supporter des charges supplémentaires alors que les irrigants intensifs sont encore proportionnellement moins contributeurs.

liberté02

Messages : 33
Date d'inscription : 26/03/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les messages de Ségolène

Message  liberté02 le Jeu 6 Mai - 1:53

Rendez-vous au théâtre du Soleil à la Cartoucherie de Vincennes les 11 et 12 septembre prochains
Cher(e)s ami(e)s,

J’ai le plaisir de vous annoncer que grâce à Ariane Mouchkine, la Fête de la Fraternité se tiendra à la Cartoucherie de Vincennes à Paris les 11 et 12 septembre prochains. Cette proposition généreuse et qui nous honore, m’a profondément touchée et c’est avec joie que je l’ai acceptée en sachant que vous en seriez tous et toutes enchantés.

Je souhaite que « Désirs d’Avenir » soit à la hauteur de ce geste, en faisant de cette Fête de la Fraternité un formidable moment de création et de solidarité, la valeur centrale des " Naufragés du fol espoir" la magnifique pièce d'Ariane, primée aux Molières. C’est pourquoi je souhaite que nous nous mobilisions dès à présent pour élaborer ensemble le contenu de notre évènement fraternel. Une équipe d’organisation va être mise en place afin de coordonner la préparation et je vous invite à faire des propositions pour les débats, la programmation artistique ou les témoignages.

Je profite de cette lettre pour vous annoncer que nous ouvrons un forum participatif sur la réforme des retraites, en réponse à ceux qui, sous le prétexte d’une pseudo faible mobilisation du 1er mai, refusent toute proposition neuve allant dans le sens d’une plus grande justice sociale et fiscale. Dans l'esprit de nos Universités populaires vous trouverez sur le site un ensemble de documents permettant de mieux comprendre les enjeux et pouvoir porter des propositions alternatives car ce n'est pas les uns contre les autres mais les uns avec les autres que nous devons inventer et mettre en place les solutions d'avenir qui répondent à nos inquiétudes légitimes.

Amitiés fidèles,

Ségolène Royal

Présidente de "Désirs d'Avenir"

liberté02

Messages : 33
Date d'inscription : 26/03/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les messages de Ségolène

Message  liberté02 le Lun 10 Mai - 8:17

10 mai 2010

L'esclavage et son abolition : une histoire partagée, des valeurs universelles





Chères amies, chers amis,




La lourdeur de l'actualité, la crise financière européenne, la marée noire sur les côtes américaines, la politique de rigueur annoncée par le gouvernement, le grave recul du Grenelle de l'environnement, les menaces sur les retraites et bien d'autres sujets graves d'inquiétudes et de colère – dont je vous parlerai demain – vont sans doute rejeter au second plan ce qu'il faudrait activement commémorer en ce 10 mai 2010 : non pas seulement l'élection de François Mitterrand en 1981, ce jour d'espoir si cher à notre coeur, mais la « journée nationale des mémoires de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions ». Je voudrais toutefois vous en parler un peu car c'est un jour important et une page de notre histoire.

Cette date a été choisie car c'est le 10 mai 2001 que fut définitivement adoptée par le Parlement la loi proposée par Christiane Taubira, députée de la Guyane, et soutenue par la gauche, reconnaissant la traite et l'esclavage pour ce qu'ils furent : un crime contre l'humanité.

La République, ce jour-là, assuma avec lucidité un passé constitutif de notre histoire commune et décida de rendre hommage à ceux, noirs et blancs, esclaves et abolitionnistes, qui se dressèrent contre « l'infâme commerce ».

La France, ce jour-là, fut digne de ses valeurs.

Loin, très loin de ceux qui, sous prétexte de pourfendre je ne sais quelle repentance imaginaire, la voudrait amnésique, oublieuse de ses combats fondateurs, frileusement crispée sur une identité au rabais.

A l'opposé de ceux qui tentèrent, en 2005, de donner force de loi aux « bienfaits de la colonisation » et de ces 40 députés UMP qui, à la veille du 10 mai 2006, voulaient empêcher que, conformément à l'article 2 de la loi de 2001, les programmes scolaires et de recherche accordent à la traite et à l'esclavage la place qu'ils méritent.

Je l'ai dit souvent car je le crois profondément : notre pays s'honore d'avoir été le premier à caractériser clairement l'esclavage non pas comme un crime inhumain mais comme crime contre l'humanité. La France a tout à perdre d'une lecture révisionniste de son passé et tout à gagner d'une histoire partagée qui l'arme pour les combats d'aujourd'hui et de demain.

Je me souviens d'en avoir parlé avec Aimé Césaire, à Fort de France, lui qui affirmait en 1982 à la tribune de l'Assemblée nationale, combien il est important pour tous les Français « de se rappeler que le combat, le séculaire combat pour la liberté, l'égalité et la fraternité, n'est jamais entièrement gagné et que c'est tous les jours qu'il vaut la peine d'être livré ».

Il rendit à cette occasion un bel hommage à Victor Schoelcher, artisan majeur de l'abolition définitive de l'esclavage en 1848, soulignant que le même mouvement l'avait porté, sa vie durant, à vouloir l'émancipation des esclaves et celle des ouvriers « victimes désignées d'un capitalisme sauvage ».

Mais nous voulons aussi, ajoutait Césaire, que soit célébré le souvenir de ceux qui ne se résignèrent jamais et se levèrent périodiquement contre l'asservissement esclavagiste.

En ce 10 mai 2010, souvenons-nous qu'ils étaient nos frères et nos soeurs ces esclaves déportés d'Afrique qui, par tous les moyens, résistèrent à leur déshumanisation et à leur marchandisation. Ces hommes et ces femmes qui se jetèrent à la mer durant la traversée des bateaux négriers, Ces « marrons » qui s'évadèrent des plantations pour vivre libres. Ces esclaves révoltés qui s'emparèrent des idéaux de 1789 et anticipèrent la première abolition de 1794.

Et aussi Louis Delgrès et les siens, dressés en 1802 contre le rétablissement par Bonaparte de l'esclavage en Guadeloupe. Dans la belle Proclamation de Basse Terre publiée le 10 mai 1802, Delgrès en appelle « à l'univers entier » et rappelle à ceux qui trahissent la République que « la résistance à l'oppression est un droit naturel ». Encerclés par les troupes venues les remettre dans les fers, ils choisirent la mort plutôt que la servitude.

A leurs côtés, des femmes. Parmi elles, la Mûlatresse Solitude, exécutée après la naissance de son enfant, et Marthe-Rose, blessée au combat, qu'on conduisit à la mort sur un brancard.

La répression de cette insurrection républicaine fut sanglante.

Il fallut bien des luttes encore et le développement du mouvement abolitionniste pour que la République issue de la Révolution de 1848 abolisse définitivement l'esclavage.

Si j'évoque la mémoire des résistants d'alors, c'est pour rappeler que l'abolition ne fut pas un cadeau octroyé mais une conquête, fruit d'une double lutte menée, dans les outre-mers et dans l'Hexagone, par les esclaves eux-mêmes et par les ennemis de l'esclavage.

Nous savons qu'après la fin de l'esclavage vinrent d'autres formes de domination : le travail forcé, la citoyenneté inachevée car prise dans le carcan colonial, les espoirs déçus de la départementalisation outre-mer et, de nos jours encore, ces discriminations qui défigurent la République.

Mais il ne faut pas, comme le disait sagement Césaire, demander « aux hommes du siècle dernier de résoudre des problèmes qui ne se posaient pas encore à eux ». Ils firent, en leur temps, les choix courageux qui permirent à l'émancipation d'aller de l'avant. D'autres, ensuite, prirent le relais. A nous, aujourd'hui, d'approfondir le chemin qu'ils ont ouvert.

Voilà pourquoi il est important de garder vive la mémoire d'un crime dont Frantz Fanon, dans « Peau noire, masques blancs » a admirablement décrit les ravages sur ses victimes et sur ses auteurs : « Le malheur de l'homme de couleur est d'avoir été esclavagisé. Le malheur et l'inhumanité du Blanc sont d'avoir tué l'homme quelque part ». Il disait aussi : « je ne suis pas esclave de l'esclavage qui déshumanisa mes pères » car « moi, l'homme de couleur, je ne veux qu'une chose : que jamais l'instrument ne domine l'homme. Que cesse à jamais l'asservissement de l'homme par l'homme ».

Voilà pourquoi il est important de transmettre aux jeunes générations les repères solides d'un récit partagé et citoyen qui ne gomme pas les blessures profondes laissées par quatre siècles de traite et d'esclavage mais rende, dans le même temps, pleinement justice aux combattants et combattantes passés des droits humains et à la richesse actuelle d'une culture française forte de tous ses métissages. L'école et les programmes scolaires ont, ici, le premier rôle. Car il ne s'agit pas de concurrence des mémoires mais de valeurs universelles.

Voilà pourquoi, aussi, nous avons quelques raisons supplémentaires d'assumer à l'égard du peuple haïtien, si durement frappé par le terrible séisme de janvier dernier, un devoir de solidarité qui n'oublie pas la contribution apportée à l'histoire de l'humanité par ce pays qui se dressa, à l'appel de Toussaint Louverture, pour « déraciner l'arbre de l'esclavage » et où, comme l'écrit Césaire dans le Cahier d'un retour au pays natal, « la négritude se mit debout pour la première fois et dit qu'elle croyait à son humanité ».

En Poitou-Charentes et tout particulièrement à La Rochelle qui fut un grand port négrier, le 10 mai est un moment fort où l'on peut prendre la mesure du rôle que joua le système esclavagiste dans l'économie du territoire et l'édification des fortunes locales des armateurs et des industriel du sucre. Durant sept mois, de mars à septembre 2010, des débats, des conférences, des expositions, des publications permettent aux habitants de la région de s'approprier cette histoire et aux scientifiques de faire un bilan des connaissances disponibles tout en promouvant de nouvelles recherches.

Ce capitalisme négrier dont la région porte l'empreinte eut ses dissidents : au 18ème siècle, Léon-Robert de l'Astran, humaniste et savant naturaliste mais également fils d'un armateur rochellais qui s'adonnait à la traité, refusa que les bateaux qu'il héritait de son père continuent de servir un trafic qu'il réprouvait.

En ce 10 mai 2010, je tiens à faire le lien entre ces deux émancipations que furent, à plus d'un siècle de distance, l'abolition définitive de l'esclavage et les indépendances africaines dont on célèbre cette année le cinquantenaire.

Nous savons bien, et les Africains mieux que nous, que ces affranchissements de la tutelle coloniale française n'ont, comme le pressentait lucidement Frantz Fanon, pas exaucé toutes les espérances de ceux qui combattirent pour la libération de leur pays. D'autres sujétions prirent le relais. Economiques, politiques et sociales. Le Nord, en général, et la France, en particulier, en portent une part de responsabilité. Ce ne fut pas la fin de l'histoire mais le commencement d'une autre et, avec elle, d'autres combats.

Mais je n'ai pas, vous le savez, de l'Afrique une vision misérabiliste car je sais combien elle recèle de talents, d'énergies, d'intelligences, de solidarités pour tracer son propre chemin et construire, à égalité, ce monde nouveau dont nous ressentons l'urgence.

J'ai dit à Dakar, le 7 avril 2009, combien nos destins étaient liés, pour le pire, parfois, dont témoigne notre passé mais surtout pour le meilleur, à bâtir ensemble.

J'ai dit, à Dakar, que nous avions le devoir de poser des mots justes sur ce qui fut, un devoir de vérité. C'est pourquoi elles n'auraient jamais dû être prononcées au nom de la France, ces paroles humiliantes d'un Président aveugle à l'histoire de l'Afrique et à sa contribution de longue date à l'histoire du monde.

J'ai dit, à Dakar, ma conviction que ce siècle serait celui du continent africain.

La mondialisation esclavagiste a été défaite.

La mondialisation colonialiste a été défaite.

La mondialisation de la finance prédatrice le sera à son tour si nous en avons le courage, à commencer par celui d'aller contre les idées reçues, les modèles éculés et les égoïsmes dépassés.






Amitiés fidèles,


Ségolène Royal

Présidente de "Désirs d'Avenir"

liberté02

Messages : 33
Date d'inscription : 26/03/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les messages de Ségolène

Message  Malaya le Jeu 12 Aoû - 16:10

Bonjour.

Il faudrait autoriser le html.

Malaya

Messages : 3
Date d'inscription : 12/08/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les messages de Ségolène

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum